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Un Orchestre Au Bahut : Paris Mozart Orchestra / Staël-la vidéo!

publié le 27 avr. 2017 à 10:34 par Louisa MAZOUZ
Vous trouverez dans cet article, une des actualités du site de l'académie de Créteil qui couvre le concert du PMO du 30 mars dernier, vous y écouterez des morceaux de musique, des témoignages d'élèves, de professeurs et de Claire Gibault. 
La vidéo est accessible à partir du lien suivant : PMO 2017 Condorcet

Vous disposez en annexe de cet article d'une sélection de textes écrits par les lycéens de 2nde.

Bonne lecture!

« Un orchestre dans mon bahut » : la musique classique s'invite dans l'académie de Créteil
Actu académique

Huit collèges et lycées de l'académie de Créteil ont participé cette année au projet « Un orchestre dans mon bahut », mené par la chef d'orchestre Claire Gibault. Ces concerts pédagogiques ont pour vocation de faire entrer la musique classique au coeur des établissements scolaires et de faire participer les élèves en tant que co-créateurs des oeuvres musicales.

Le 30 mars 2017, le Paris Mozart Orchestra s'est rendu au lycée Condorcet de Montreuil (93) pour proposer aux élèves un concert pédagogique. Cette année, le thème proposé par l'orchestre était « Staël, peindre l’inaccessible ». 

La compositrice Edith Canat de Chizy a écrit une œuvre musicale à partir de huit tableaux du peintre Nicolas de Staël. Les élèves de huit établissements de l'académie de Créteil ont participé au projet en réalisant un travail d'écriture, à partir des oeuvres du peintre. Certains de leurs textes ont été lus, au fil du concert, par le récitant Tony Harrisson. 

Ce mélange hybride de musique et de littérature, appelé aussi « mélologue », a été conçu pour rapprocher les élèves de la musique classique mais aussi pour les y associer directement, en tant que co-créateurs d'une oeuvre musicale. La chef d'orchestre Claire Gibault, très engagée en faveur de la dimension socio-éducative de la musique, a raconté son parcours aux élèves puis les musiciens ont réalisé des démonstrations avec leurs instruments avant de répondre aux questions des élèves et de leurs professeurs. La rencontre s'est poursuivie par l'écoute du concert, émaillée de nombreux échanges. Revivez ce moment en vidéo.



« L’invitation au voyage » Paris Mozart Orchestra 2017

Travaux d’écriture des élèves de 2°6 et 2°4 du Lycée Condorcet (30 mars)

Autour des tableaux de N. de Staël 

SÉQUENCE 1 : VOYAGE (Sur Le Bateau)

  

À Monsieur Charles Lebleu                                                                     Honfleur, le 28 mars 2017

 

Mon cher Charles,

 

C’est bientôt les vacances et je te propose un long voyage en bateau sur la mer. Je nous vois déjà voguer, voguer à travers un vaste bleu perdu. Accompagnés d’un ciel bleu, de nuages bleus. Bleu, bleu, bleu… la tranquillité, le calme, entièrement pris dans ce bleu. On vogue, on vogue sur le bateau. Ah quelle tranquillité, quel calme, c’est merveilleux ! Je ne peux arrêter d’y penser. Pense à ce voyage comme le tableau « Le bateau » de Nicolas de Staël. J’espère que le voyage te tente. Ce sera une belle expérience.

 

Ton ami Mickael.

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SÉQUENCE 2 : COULEUR (Sur La Ville blanche)

 

 

Collioure, le 28 mars 2017

Chère Cami,

Je t'écris cette lettre car il y a quelque temps je suis retournée dans la ville où nous passions nos vacances d'été. Lors de mon arrivée, je me suis baladée le long du port et je me suis enfoncée à l'intérieur de ce décor méditerranéen : toutes les façades des maisons étaient blanches et on voyait le soleil qui se reflétait sur leurs toits, on aurait dit une ville couverte de neige en plein été avec ces petites rues aussi étroites les unes que les autres. À chacun de mes pas, je me remémorais les souvenirs que nous avions partagés ensemble, comme la fois où nous nous sommes rendues dans cette petite boutique de confiserie et que tu refusais de partir tant que tu n'avais pas goûté chaque bonbon : au final, c'est ta mère qui a dû te sortir de force ! Cette situation était très amusante… Tous ces souvenirs me rappellent le tableau peint par Nicolas de STAËL. Nous avons passé tellement de bon moments ensemble que de savoir que tu n'es plus parmi nous me fait réaliser à quel point nous étions proches. Cependant, je pense qu'il est temps pour moi de t'oublier et de te faire mes adieux. J'espère que tu es bien là où tu te trouves. Adieu Cami.

Marie

SÉQUENCE 3 : CIELS (Sur Ciel à Honfleur)

 

Cher Pablo Picasso,

Vous qui êtes mon peintre préféré et qui ne pouvez me lire, j’aimerais vous adresser cette lettre imaginaire pour vous parler d’un tableau. Ce tableau de Nicolas de Staël, avec ses couleurs froides, ses traits, me rappelle mon enfance et cette ville où je suis allé avec mes parents quand j’étais petit. Le petit lac au milieu de la toile, j’y étais : à cet endroit, le ciel se reflétait sur l’eau, j’avais l’impression d’être en haut quand je regardais à travers ce lac et, à force, cette herbe verte et douce me ramenait sur terre quand elle me touchait. Je détestais la boue au bord du lac, elle me ruinait le paysage, cette boue noire, visqueuse, mais il m’arrivait de jouer avec : c’était déplaisant à voir, certes, mais j’étais jeune, c’était drôle. Pour finir, ce tableau me rappelle Honfleur, cette ville au nord de la France, une très jolie ville d’ailleurs.

Avec tout le respect que je vous dois, cher Monsieur Picasso,

Un admirateur.

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Avenue de la plage du butin, Honfleur, le 20 août 1954

 

 

Mon fils,

 

Après toutes ces années de séparation,

Je reviens vers toi, comme les vagues reviennent au rivage,

Dans mes souvenirs, cette plage était le plus beau des paysages,

Qui nous a vu vivre avant cette séparation,

 

D'ici, le vent de la plage me semble si léger,

J'entends les mouettes planant comme des cerfs-volants,

Cette plage me semble si proche, mais invisible de ma vue dégagée,

Je vois le vent venir de l'Est, Rouen sûrement,

 

Une fois dehors, je ne perçois pas la différence entre le ciel et les flots,

Ce sont des dizaines de nuances froides qui colorent ma vue,

Je me sens si seul ici, rejoins-moi, prends le bateau…

 

Dans l'impatience de te revoir, je reste devant cette vue qui me rappelle tant ce ciel de Honfleur de ce peintre que tu aimais tant.

 

 

Ton père. 

 

SÉQUENCE 4 : LUMIÈRE (Sur Figures au bord de la mer)


Ma très chère cousine,

 

Aujourd'hui je me suis intéressée à un tableau de Nicolas de Staël qui m'a particulièrement touchée, car je me suis remémoré nos balades au bord de la mer au coucher du soleil : on dirait même qu'on nous a peintes toutes les deux sur la plage… Ce tableau m'a beaucoup apaisée, je l'ai vu quand je me baladais au musée de Düsseldorf.

Sur la toile, le sable, la mer et le ciel sont rouges, la lumière aveuglante illumine tout autour de ces deux personnages immobiles avec des bouteilles à la main, les éclats jaunes du soleil scintillent sur la mer orange. Le sable est rouge comme en ce vendredi 26 juin 2015…

Aujourd'hui, je me promène sur la plage sans toi, mais je sens ta présence en entendant le bruit que font les vagues, je t’entends encore crier lorsque tu as vu cet homme armé tirer sur des touristes sur cette plage de Tunisie, la plage de mon enfance.

Celle où sont gravés à jamais les meilleurs comme les pires souvenirs.

Celle où j'aurais pu mourir avec toi.

Celle où j'écris cette lettre que tu ne liras jamais, assise sur ce sable chaud où ton corps était allongé.

Tu me manques.

Sirine

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Chère maman,

 

Tu sais que je ne suis pas douée pour écrire, mais j’ai décidé de t’envoyer cette lettre pour te faire profiter de la belle vue que j’ai. Les mots me manquent pour décrire le magnifique paysage qui s’offre à moi chaque soir. Pour tout te dire, je contemple ce spectacle en ce moment même où je t’écris. Tu sais que je ne suis pas du matin, donc si je me lève aussi tôt, tu te doutes bien que le spectacle doit être exceptionnel : pour t’en donner une idée, tu n’as qu’a penser au tableau de Nicolas de Staël, tu sais, les Figures au bord de la mer, c’est tout aussi coloré.

C’est une sensation magique que de se retrouver sur la plage avec à la fois la fraîcheur de la brise du matin, caressant la peau, et la chaleur du soleil se couchant. À ce moment, l’eau est comme recouverte d’un voile transparent qui reflète la lumière orange du soleil. Malgré la présence de nuages certains soirs, le soleil triomphe toujours. Cette lumière laisse paraître des ombres, qui dessinent des figures différentes chaque soir. Le premier jour, j’ai vu ton visage se dessiner en marron, ta couleur préférée. D’autres jours, j’apercevais seulement des figures assemblées telles une mosaïque de couleurs ou comme aujourd’hui deux personnes sirotant leurs cocktails devant ce magnifique spectacle de couleurs. Depuis mon départ, je vois ton visage partout.

       Tu me manques, je pense beaucoup à toi.

 

S.

 

SÉQUENCE 5 : MOUVEMENT (Sur Les Footballeurs)

 

Cher Lionel Messi,

 

Je vous envoie cette lettre pour vous parler d’une œuvre de Nicolas de Stael intitulée « Les footballeurs ». Ce tableau m’a beaucoup fait penser à vous sur une action qui était jouée dans un match du Classico, Le FC Barcelone contre le Real Madrid. Sur la toile, il y a deux joueurs visiblement d'une même équipe (en bleu) qui viennent sur les deux cotés d'un seul joueur, qui me fait beaucoup penser à vous. Cela me rappelle le moment où Ramos et Diarra (tous deux joueurs du Real de Madrid) vous ont encerclé pour vous faire tomber. Ce moment-là m'avait marqué car il montre la violence et la rivalité de ces deux équipes lorsqu’elles s'affrontent. Selon moi, cette toile est l'illustration parfaite de ce moment qui a marqué mon esprit.

Je vous souhaite beaucoup de victoires encore, mon cher Lionel Messi !

 

Votre plus grand supporter.

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SÉQUENCE 6 : L’ESPACE (Sur Les mouettes)

 

Ô toi, mon cher Univers,

 

Toi qui possèdes tant de merveilles, toi qui es admiré par ces êtres qui possèdent des ailes, et qui, du haut du ciel, front au vent, survolent les mers. Vu d’en bas, tu es si grand ; vu d’en haut, si imposant. Les ailes du ciel au cœur de leur voyage sans fin, cherchent à atteindre l’horizon infini qui te sépare du ciel bleu. Malgré le froid là-haut, je t’écris cette lettre sur un nuage blanc, au-dessus de la mer et de la terre. Les guerriers du ciel volent jusqu’au port, criant au soleil chaud du Sud. Je survole comme eux le ciel en ce moment même ; nous sommes un petit groupe, mais il y en a un qui a le pelage plus foncé que les autres : tu nous vois sans doute en ce moment. J’observe du haut du ciel la terre, tout comme eux, et je me demande parfois si ce n’est pas la terre qui est en haut et nous en bas, si ce sont les nuages qui reflètent la mer bleue au-dessus de nous. Ô toi, mon cher Univers, celle-ci te ressemble comme deux gouttes d’eau ; les nuages en bas sont comme certains d’entre nous, ils volent silencieusement et ont un pelage blanc. Je suis comme cette mouette foncée dans le tableau de Nicolas de Staël : je suis solitaire, derrière toutes les autres, à t’écrire cette lettre.

 

 

Signé : le neuvième oiseau du tableau.

  


À Nicolas de Staël


À rythme régulier et en direction donnée,

Durant toute la journée ils ne cessent de voler,

Au-dessus des nuages, ils s'arrêtent sur la plage

Pour reprendre des forces, et atteindre la Corse.

Qu'ils sont beaux ces oiseaux, qui volent et rasent l'eau

Ils seront visibles de là-bas, lorsque l'on me lira

Avec leurs distinctions, on en trouve à chaque saison,

De ces oiseaux si beaux, nés d'un simple pinceau

On apprécie ces teintes, que l'on admire sans crainte

Ces ombres et ces courbes, d'un peintre des plus fourbes

Qui sait, par ces peintures, sans la moindre rature,

Dessiner de magnifiques ciels, appréciés plus que le miel,

Nous montrant ainsi que son univers, nous est à tous entrouvert…

Comme je l'apprécie, ce peintre auquel j'écris !

 

Imad.

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SÉQUENCE 7 : L’INACHEVÉ (Sur Le Concert)

 

Cher Alexis,

Je t'écris cette lettre pour te faire part d'une peinture que j'aime beaucoup, peut-être que tu la connais déjà, peut-être pas. Elle représente un concert. Le Concert, c'est aussi son titre. Elle est inachevée, mais tout de même quasi accomplie. C'est une peinture figurative. Quand tu liras cette lettre, sans doute que tu chercheras à voir la toile, et alors tu verras une poire sur la droite du tableau. C'est ce qui fait de cette toile une sorte de nature morte, mais c'est surtout un concert, comme son nom l'indique. En réalité, cette poire est une contrebasse. C'est tout de suite plus logique, n'est-ce pas ? Comme tu peux le constater, le fond et le premier plan sont en opposition. Fond lisse rouge, et premier plan coloré comme une mosaïque. Ce tableau me fait penser à nos concert d'avant, pas toi ? Toi à la contrebasse, et moi au piano, le bon vieux temps.

Je n'attends pas de réponse de ta part, après toutes ces années je pourrais comprendre que tu ne veuilles pas répondre. Mais va voir cette peinture, elle en vaut le détour. Pour ma part, je l'ai aimée.

À bientôt je l'espère,

 

Ton vieil ami, Félix.

 


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